BLOG : Pourquoi je me méfie de la «société civile»

Voici un billet que j’ai écrit sur le blogue Un seul monde (le blogue sur la coopération et la solidarité internationales) disponible du Huffington Post (Québec). Billet publié le 26 janvier 2015.

http://quebec.huffingtonpost.ca/un-seul-monde/societe-civile-mefiance-expression_b_6531568.html

Pourquoi je me méfie de la «société civile»

Ce billet du blogue Un seul monde a été écrit par Dimitri della Faille, professeur en développement international au département des sciences sociales de l’Université du Québec en Outaouais. En 2014-2015, il est chercheur affilié au Center for Cordillera Studies de l’Université des Philippines à Baguio.

La formule est consacrée. La société civile donne une voix aux peuples, elle offre un contre-pouvoir et est une ressource indispensable afin d’atteindre un développement plus équitable. Cependant, je me méfie de ladite «société civile». Laissez-moi présenter rapidement quelques-unes de ces raisons.

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Contradictions fascinantes

Cette chronique est inspirée par une expérience récente. Je passe l’année scolaire en cours en Asie et en Amérique latine. Lors d’un déplacement à Manille (Philippines), il m’a été donné d’interagir avec une organisation non gouvernementale (ONG) internationale, une de ces multiples organisations qui constituent la « société civile ». J’ai alors appris que le président du conseil d’administration de la section des Philippines de cette ONG est l’un des personnes les plus influentes du pays. Sa famille et son groupe financier sont propriétaires, entre autres, d’une banque, d’un opérateur de téléphonie et d’une importante compagnie immobilière qui a construit une grande partie du centre des affaires de Manille. Continuer la lecture de BLOG : Pourquoi je me méfie de la «société civile»

BLOG : Pourquoi je refuse d’aller sur le «terrain»

Voici un billet que j’ai écrit sur le blogue Un seul monde (le blogue sur la coopération et la solidarité internationales) disponible du Huffington Post (Québec). Billet publié le 16 septembre 2014.

http://quebec.huffingtonpost.ca/un-seul-monde/pourquoi-je-refuse-d-aller-sur-le-terrain_b_5812628.html

Pourquoi je refuse d’aller sur le «terrain»

Ce billet a été écrit par Dimitri della Faille, professeur en développement international au département des sciences sociales de l’Université du Québec en Outaouais, membre du comité scientifique du Centre d’études sur le droit international et la mondialisation et membre de la Chaire de recherche sur la gouvernance autochtone du territoire.

Le « terrain » est une composante importante du développement international que ce soit pour le travail ou pour la recherche. Pour les organisations gouvernementales, les organisations non gouvernementales ou encore pour les universitaires, le déplacement sur le « terrain » fait partie du nécessaire accès aux sociétés et groupes sociaux pour lesquels nous désirons agir. Le séjour sur le « terrain » confère un certain prestige et une légitimité aux personnes qui y accèdent.

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Cependant, selon moi, il faut critiquer l’idée même du « terrain ». Dans ce billet, j’expliquerai pourquoi en tant que personne concernée par les rapports Nord-Sud, je refuse d’aller sur le « terrain ». Je placerai ma critique en relation avec les aspects colonialistes du savoir et du développement international. Continuer la lecture de BLOG : Pourquoi je refuse d’aller sur le «terrain»

Tisser le fil rouge. Le printemps érable en Outaouais – récits militants

L’ouvrage collectif  “Tisser le fil rouge” dans lequel je contribue un chapitre est maintenant disponible en librairie. Cet ouvrage rassemble des témoignages militants d’une quarantaine d’auteures et d’auteurs qui réfléchissent aux évènements entourant la mobilisation et la grève étudiante à l’Université du Québec en Outaouais et au CEGEP de l’Outaouais en 2012.

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Mon chapitre pour cet ouvrage s’intitule “Souriez, vous êtes filmés. Euh ! circulez, vous êtes surveillés !”. Dans ce texte, je partage mes réflexions à propos de la notion de surveillance et je fais également part de notre expérience de séances d’éducation populaires ou “teach-in” tenues sous les caméras installées par la haute administration de l’université pendant la mobilisation étudiante.

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