Essai de Nasteho Ahmed

Supervision de travaux de recherche aux cycles supérieurs

Résumé de l’essai de Nasteho Ahmed

RÔLE DES DIASPORAS DANS LE DÉVELOPPEMENT TERRITORIAL DES ÉTATS FRAGILES : LE CAS DE LA SOMALIE

ESSAI PRÉSENTÉ COMME EXIGENCE PARTIELLE DU PROGRAMME DE MAITRISE EN SCIENCES SOCIALES PROFIL DÉVELOPPEMENT INTERNATIONAL

OCTOBRE 2017

Le cas de la Somalie est connu internationalement comme le meilleur exemple type d’État fragile. Et cela est dû au rôle minimal de gouvernement depuis la chute du président réformiste Siad Barre en 1991 et à l’intensification des tensions. De plus, selon le rapport du Failed States Index, la Somalie se trouve au premier rang de la liste des pays les plus faibles au monde.
Par ailleurs, comme dans la plupart des États fragiles, les conflits en Somalie ont tendance à attirer des réseaux de terreur en raison de la faiblesse de l’État. En retour, ces groupes vont maintenir, voire augmenter l’insécurité dans le pays pour en tirer profit et ainsi promouvoir un territoire propice à leurs réseautages. La faillite de l’État somalien est donc due en grande partie à la faiblesse de l’État qui ne peut assurer sécurité ou bien être à sa population sur l’intégralité de son territoire (BAD, 2010).
Malgré ce constat, on remarque qu’il existe des efforts de développement, non pas par les instances gouvernementales en place, mais plutôt par les diasporas installées un peu partout dans le monde. C’est ce que le présent essai a tenté d’étudier afin d’être une référence clé pour les futurs travaux de recherches.

Ainsi, si on note des positions ou des attitudes divergentes, la diaspora somalienne, à l’image de tous groupes sociaux, n’est pas une entité uniforme ou homogène, mais sa perception du conflit et des solutions convergent sur les mêmes lignes de pensée. En effet, on arrive à identifier deux pensées qui vont dans le même sens. La première étant le refus de légitimer tout gouvernement établi hors du territoire national par les Somaliens, en diaspora comme au pays (Pinauldt, 2001). Et la seconde étant la reconstruction du pays, reconstruction possible que par les Somaliens eux-mêmes. Les Institutions internationales ici ne sont pas mises de côté, mais sont vues comme collaboratrices à la reconstruction du pays et non pas comme acteurs imminents (Pérouse de Montclos, 2013).

En outre, comme je l’ai mentionné plutôt, le rôle de la diaspora a souvent été mal formalisé. Et cela en principe à cause du système somalien qui se base essentiellement sur le clanisme. C’est le cas de plusieurs conférences de paix comme celui du processus de Mbagathi qui a rejeté la présence des associations issues de la diaspora. C’est le cas également de la formule 4,5 adoptée en 2003 qui encourage un système strictement clanique et crée ainsi de nouvelles divisions au sein des diasporas somaliennes (Pinauldt, 2011).

Malgré ces défauts, force est de constater que les diasporas somaliennes jouent un rôle très important dans le développement de la Somalie, et particulièrement dans les négociations d’ordre politique. En effet, plusieurs acteurs de la diaspora sont aujourd’hui à la tête du gouvernement (Pinauldt, 2011). Nombreux sont des députés, d’autres des ministres et peuvent même aspirer à être président comme c’est le cas de M. Mohamed Abdillahi Mohamed qui est depuis février 2017 le nouveau président de la Somalie.
Au terme de cet essai, on peut dire que le phénomène de la diaspora s’inscrit parfaitement dans la dynamique du développement de la Somalie. Et cela se voit à travers l’analyse de ces impacts positifs et/ou négatifs soulevés au sein de cet essai.

En en effet, on remarque que les conséquences multiples des diasporas en Somalie sont tout autant une réponse aux problèmes du pays, qu’un agent déclencheur de problèmes. De ce fait, le défi serait de donner une certaine cohérence à leurs actions. Une communication plus fluide et des actions plus transparentes serraient à l’ordre du jour.

D’ailleurs, comme tout phénomène, la diaspora peut engendrer des effets pervers négatifs et/ou positifs. Mais au-delà de cela, elle n’en demeure pas moins un facteur potentiel pour le développement de la Somalie. Yao Assogba va encore plus loin dans sa réflexion en nous proposant deux résolutions pour maximiser les effets positifs de la diaspora. La première serait de « trouver ses fondements en puisant dans l’inventivitée des hommes et femmes émigrés » (Assogba, 2002, p.12). Et la seconde serait de « remettre en question sa position périphérique dans le système mondial, en s’insérant dans les mouvements associatifs au Sud et au Nord, qui luttent pour une mondialisation à visage humain » (Assogba, 2002, p.12).

Parallèlement, dans un futur proche, les diasporas somaliennes devraient jouer un rôle de représentant du pays auprès des bailleurs de fonds en fournissant les compétences nécessaires pour promulguer et relancer le développement territorial de la Somalie. Avec ces dernières suggestions, le phénomène de diaspora serait peut-être plus efficient pour le pays dans le futur. Ceci n’en reste pas moins une chose facile à dire, mais difficile à faire.

 

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