Tisser le fil rouge. Le printemps érable en Outaouais – récits militants

L’ouvrage collectif  « Tisser le fil rouge » dans lequel je contribue un chapitre est maintenant disponible en librairie. Cet ouvrage rassemble des témoignages militants d’une quarantaine d’auteures et d’auteurs qui réfléchissent aux évènements entourant la mobilisation et la grève étudiante à l’Université du Québec en Outaouais et au CEGEP de l’Outaouais en 2012.

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Mon chapitre pour cet ouvrage s’intitule « Souriez, vous êtes filmés. Euh ! circulez, vous êtes surveillés ! ». Dans ce texte, je partage mes réflexions à propos de la notion de surveillance et je fais également part de notre expérience de séances d’éducation populaires ou « teach-in » tenues sous les caméras installées par la haute administration de l’université pendant la mobilisation étudiante.

L’ouvrage est publié chez M Éditions dans la collection « Militantismes ». Le lancement de l’ouvrage aura lieu le premier octobre 2014 au Café Tonik de l’Université du Québec en Outaouais, (283, boul. Alexandre-Taché, Gatineau) à 16h30.

Francine Sinclair, Stéphanie Demers et Guy Bellemare (sous la dir.) Tisser le fil rouge. Le Printemps érable en Outaouais – récits militants, Montréal, M Éditions, 2014.

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Extrait de la présentation de l’ouvrage.

En 2012, pendant le Printemps érable, la région de l’Outaouais est apparue comme un symbole de la résistance. Confrontées à une première injonction, les étudiantes de l’Université du Québec en Outaouais (UQO) se sont d’abord barricadées à l’intérieur de l’établissement. Les images de la chaîne humaine des professeures et des militantes de la communauté pour empêcher l’escouade antiémeute de déloger les étudiantes ont fait le tour du Québec et servi d’inspiration aux professeures d’autres établissements d’enseignement. Le lendemain, l’administration de l’UQO était la première au Québec à réclamer la présence policière sur un campus. L’arrestation d’un professeur cette même journée a été dénoncée partout dans le monde (États-Unis, France, etc.).

Pendant la semaine du 17 avril, il y a eu 312 arrestations. Les étudiantes et les professeures du Collège de l’Outaouais et de l’UQO ont fait front commun pour promouvoir entre autres la démocratie étudiante et l’accessibilité aux études supérieures.

Lorsque surviennent des événements aussi troublants et bouleversants, inévitablement les gens qui les vivent cherchent à leur donner un sens. Muselées, surveillées, désolidarisées par la judiciarisation, démobilisées par les fausses promesses d’une élection, les militantes ont été appelées à évaluer les gains et l’ampleur du travail inachevé. Ces militantes ont alors entrepris de tirer un fil conducteur de la masse informe des faits, malgré la peur qui, parfois, s’est installée.

Plusieurs textes de cet ouvrage le proposent sous la forme du témoignage, dans un effort de nommer et de rendre publique une expérience déstabilisante. Ces témoignages permettent de garder durablement la trace de ce qu’on risque d’oublier, ils mettent des mots sur l’événement et disent le malaise qu’il a suscité en même temps que les reconfigurations des rôles, des statuts et des attentes des unes et des autres qu’il a déclenchées.